St-Vincent de Paul

Homélie du 11 202

Homélie du 2 novembre 2020
Frères et soeurs, l’Eglise nous propose, en ce 2 novembre, de prier « pour tous les fidèles défunts qui, depuis
la création du monde, ont déjà franchi le seuil de la mort ». C’est une occasion de présenter au Seigneur
tous les visages de ceux que l’on a aimés et qui nous ont quittés, en le priant de les accueillir dans son
Royaume.
Ce peut être aussi le lieu de lui confier nos souffrances, nos difficultés à vivre l’absence ou la séparation. Car
la mort est une épreuve terrible et demeure un vrai mystère pour nous tous. Un mystère qui porte en luimême
tant de questions : pourquoi doit-on mourir, pourquoi la maladie, la souffrance ? Autant de
questions sans réponses que l’on retrouve d’ailleurs dans ce beau livre de la Bible que sont les psaumes.
Cris de l’homme pour exprimer à Dieu ses interrogations, ses douleurs, ses révoltes. Jésus lui-même
reprendra un de ces psaumes à la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps 21,2).
Il faudra attendre le matin de Pâques pour que la lumière revienne et donne sens à la mort qui, d’un mur
infranchissable, devient un passage vers une autre vie.
Cet événement de la mort et la résurrection de Jésus a changé radicalement la face du monde. Voilà
qu’avec lui, c’est une perspective nouvelle qui s’ouvre. On peut dire d’ailleurs que toute la Bible est une
révélation de cette nouvelle destinée. « Dieu préparera pour tous les peuples un festin... » - rapporte le
prophète Isaïe - « Il enlèvera le voile de deuil ...Il détruira la mort pour toujours ... Il essuiera les larmes de
tous les visages ... ». Annonce progressive qui trouve son accomplissement dans cette prière de Jésus à son
Père : « Père ... je donnerai la vie éternelle à tous ceux que tu m’as donnés... Je veux que là où je suis, eux
aussi soient avec moi et qu’il contemplent ma gloire ». Telle est donc notre vocation : participer à la vie
éternelle de Dieu.
Les saints l’ont bien compris, eux que nous avons fêtés hier. Ils n’ont cessé d’être « aimantés », dans les
deux sens du mot, vers cette vie à venir. Elisabeth de la Trinité, que nous fêterons dans quelques jours,
disait à l’heure de son passage vers le Père : « Voici je crois le grand jour si ardemment désiré de ma
rencontre avec l’Epoux ». C’est aussi ce que disait Sainte Thérèse de Lisieux au moment de mourir : « J’entre
dans la vie ».
Nous avons peut-être perdu ce goût de la vie éternelle. Aussi pouvons-nous, dans cette célébration,
demander à Dieu de nous redonner ce désir de l’éternité, ce goût de l’au-delà. Paradoxalement,
approfondir en nous ce désir ne nous éloigne pas de la réalité quotidienne. Bien au contraire, il nous fait
entrer en profondeur dans la réalité des choses et des êtres. Il nous fait communier à l’essentiel, à l’amour.
C’est ce que rappelle l’évangile que nous venons d’entendre, ce fameux récit du jugement dernier qui
pourrait faire peur. Et pourtant que dit-il sinon que seul l’amour passera dans la vie éternelle. Saint Jean
nous le dit autrement : « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la
mort à la vie ». Si donc Dieu est Amour et qu’il est de toute éternité alors, si j’aime, je participe à l’éternité
de Dieu, dans le plus petit des actes quotidiens. L’équation est presque trop simple ... comme Dieu
d’ailleurs, puisque finalement, il suffit d’aimer. Quand donc je pose un acte avec Amour, je participe à
l’éternité de Dieu. Quand donc je prie dans l’Amour, je rejoins dans l’éternité ceux qui, vivants ou déjà
endormis dans la mort, vivent mystérieusement de ce même Amour. Merveille de la communion des saints
à faire pâlir tous les internautes de ce monde ! Et qui plus est, notre « serveur » est totalement gratuit et ne
tombe jamais en panne, puisque c’est le Christ lui-même ! Alors n’hésitons pas à user de ce réseau de
l’Invisible !
« La paix soit avec vous » dit Jésus à ses disciples le soir de sa résurrection. Ce soir, c’est à chacun de nous
qu’il veut offrir ce cadeau de sa paix divine, celle qui nous permet d’avancer sur le chemin de la vie avec
confiance, sans crainte. Qu’il nous donne aussi cet autre cadeau qu’est l’espérance, cette petite flamme
comme la nommait Péguy, qui donne à notre existence d’être toute tendue vers ce jour où nous
retrouverons enfin et pour toujours tous ceux qui nous ont quittés. Alors naitra et s’ancrera en nous cette
conviction profonde que le plus beau reste à venir !
Amen !

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2 nov 20202 nov 2020 (56.62 Ko)

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