St-Vincent de Paul

LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU PROPRIO DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS « TRADITIONIS CUSTODES »

LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU PROPRIO
DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS
« TRADITIONIS CUSTODES »
SUR L’USAGE DE LA LITURGIE ROMAINE AVANT LA RÉFORME DE 1970
Gardiens de la tradition, les évêques, en communion avec l’évêque de Rome, constituent le
principe visible et le fondement de l’unité dans leurs Églises particulières [1]. Sous la conduite
de l’Esprit Saint, grâce à l’annonce de l’Evangile et par la célébration de l’Eucharistie, ils
gouvernent les Eglises particulières qui leur sont confiées.[2]
Pour promouvoir la concorde et l’unité de l’Église, avec une sollicitude paternelle envers ceux
qui, dans certaines régions, ont adhéré aux formes liturgiques antérieures à la réforme voulue
par le Concile Vatican II, mes vénérés prédécesseurs, saint Jean-Paul II et Benoît XVI, ont
accordé et réglementé le droit d’utiliser le Missel romain publié par saint Jean XXIII en 1962.[3]
De cette manière, ils entendaient « faciliter la communion ecclésiale pour les catholiques qui se
sentent liés à certaines formes liturgiques antérieures » et non à d’autres.[4]
Dans le sillage de l’initiative de mon vénérable prédécesseur Benoît XVI d’inviter les évêques à
une vérification de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, trois ans après sa
publication, la Congrégation pour la doctrine de la foi a procédé en 2020 à une large
consultation des évêques, dont les résultats ont été soigneusement examinés à la lumière de
l’expérience mûrie ces dernières années.
Maintenant, après avoir considéré les voeux formulés par l’épiscopat et avoir écouté l’avis de
la Congrégation pour la doctrine de la foi, je désire, par cette Lettre apostolique, avancer encore
davantage dans la recherche constante de la communion ecclésiale. C’est pourquoi, j’ai
considéré opportun d’établir ce qui suit :
Article 1. Les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II,
conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du
Rite Romain.
Article 2. C’est l’évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la
vie liturgique dans l’Église particulière qui lui est confiée [5], qui est chargé de régler les
célébrations liturgiques dans son propre diocèse [6]. Par conséquent, il est de sa compétence
exclusive d’autoriser l’utilisation du Missale Romanum de 1962 dans le diocèse, en suivant les
orientations du Siège Apostolique.
Article 3. L’évêque, dans les diocèses où il y a jusqu’à présent la présence d’un ou plusieurs
groupes célébrant selon le Missel antérieur à la réforme de 1970 :
§ 1. doit s’assurer que de tels groupes n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme
liturgique, des préceptes du Concile Vatican II et du Magistère des Souverains Pontifes ;
§ 2. doit indiquer un ou plusieurs lieux où les fidèles adhérents à ces groupes puissent se réunir
pour la célébration eucharistique (mais pas dans les églises paroissiales et sans ériger de
nouvelles paroisses personnelles) ;
§ 3. doit établir à l’endroit indiqué les jours où les célébrations eucharistiques sont autorisées
avec l’usage du Missel romain promulgué par saint Jean XXIII en 1962.[7] Lors de ces
célébrations, les lectures seront proclamées en langue vernaculaire, en utilisant les traductions
de la Sainte Écriture à usage liturgique, approuvées par les Conférences épiscopales
respectives ;
§ 4. doit nommer un prêtre qui, en tant que délégué de l’évêque, soit chargé des célébrations et
de la pastorale de ces groupes de fidèles. Le prêtre doit être apte à cette fonction, compétent
pour l’usage du Missale Romanum antérieur à la réforme de 1970, avoir une connaissance de
la langue latine qui lui permette de comprendre pleinement les rubriques et les textes liturgiques,
être animé d’une vive charité pastorale, et d’un sens de la communion ecclésiale. Il est en effet
nécessaire que le prêtre responsable ait à coeur non seulement la célébration digne de la
liturgie, mais le soin pastoral et spirituel des fidèles.
§ 5. doit procéder, dans les paroisses personnelles érigées canoniquement au profit de ces
fidèles, à une vérification appropriée de leur utilité effective pour la croissance spirituelle, et
évaluer s’il convient ou non de les maintenir.
§ 6. doit veiller à ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes.
Article 4. Les prêtres ordonnés après la publication de ce Motu proprio, qui ont l’intention de
célébrer avec le Missale Romanum de 1962, doivent en faire la demande formelle à l’Évêque
diocésain qui consultera le Siège Apostolique avant d’accorder cette autorisation.
Article 5. Les prêtres qui célèbrent déjà selon le Missale Romanum de 1962 demanderont à
l’évêque diocésain l’autorisation de continuer à utiliser cette faculté.
Article 6. Les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, érigés à l’époque
par la Commission pontificale Ecclesia Dei, passeront sous la compétence de la Congrégation
pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique.
Article 7. La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et la Congrégation
pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, exerceront, pour les
matières de leur compétence, l’autorité du Saint-Siège, en veillant à l’observation de ces
dispositions.
Article 8. Les normes, instructions, concessions et usages précédents qui ne sont pas
conformes aux dispositions du présent Motu Proprio sont abrogés.
J’ordonne que tout ce que j’ai délibéré par cette Lettre apostolique en forme de Motu Proprio
soit observé dans toutes ses parties, nonobstant toute chose contraire, même digne de mention
particulière, et j’établis qu’elle soit promulguée par la publication dans le quotidien »
L’Osservatore Romano », entrant en vigueur immédiatement, et publiée par la suite dans le
Commentaire officiel du Saint-Siège, Acta Apostolicae Sedis.
Donné à Rome, à Saint-Jean-du-Latran, le 16 juillet 2021, Mémoire liturgique de Notre-Dame
du Mont-Carmel, neuvième de Notre Pontificat
FRANÇOIS
© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

  • Nom du fichier : Traditionis custodes avec lettre aux e ve ques
  • Taille : 123.89 Ko
Télécharger
  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous devez être connecté pour poster un commentaire