Du 9 juillet au 16 août 2026, l’église Sainte-Croix de Saint-Malo va devenir le théâtre d’un voyage époustouflant entre histoire, légende et haute technologie. Projections monumentales, hologrammes, 80 bénévoles sur scène : Terra Aletia invite à redécouvrir les grandes figures de Saint-Malo.
Une petite fille, un corsaire et un trésor : l’histoire qui embarque tout le monde
Tout commence par un souvenir d’enfance. Élise a soixante ans, mais certains étés ne s’oublient pas. Juin 1976. La chaleur. L’impatience de rejoindre Saint-Malo, les grands-parents, la mer. Un jour, envoyée dans sa chambre pour se calmer, la fillette ouvre un livre sur les corsaires offert par son grand-père. Et là, comme par magie, un homme surgit des pages. Grand. Silencieux. Venu d’un autre temps. René Duguay-Trouin, le corsaire mythique, en personne.
Ce point de départ, à la fois intime et universel, lance le spectateur dans une épopée à travers les siècles et les légendes malouines. Ensemble, Élise et le corsaire entraînent le public sur les traces des grandes traversées, des Terre-Neuvas, de figures fondatrices comme Jeanne Jugan, Jacques Cartier ou le mystérieux Maclow, à qui la ville devrait son nom. La grande question qui traverse tout le récit : trouveront-ils le véritable trésor de Saint-Malo ?
Une église transformée en vaisseau de lumière
Pour raconter cette histoire, le réalisateur Damien Fontaine a choisi l’église Sainte-Croix comme écrin. Et il l’a littéralement transfigurée. Vingt-quatre vidéoprojecteurs laser vont couvrir l’ensemble de la nef et des voûtes, transformant l’architecture du XVIIIe siècle en une toile vivante de 360 degrés. Un hologramme de 14 mètres de haut surgit dans le vide. Trois cents projecteurs sculptent la lumière dans les nefs latérales. Le son, spatialisé sur plusieurs points, fait voyager les voix autour des spectateurs.
Sept mille heures de création graphique ont été nécessaires pour concevoir les images. Une vingtaine de graphistes et animateurs ont planché sur chaque plan, chaque séquence, pour que la maçonnerie médiévale et les technologies d’avant-garde ne fassent plus qu’un.
Derrière le spectacle, une aventure humaine hors norme
Terra Aletia, ce n’est pas seulement de la technologie. Ce sont aussi 80 bénévoles — habitants de Saint-Malo et de la région — qui vont se relayer sur scène au fil des 78 représentations, incarnant des personnages tirés du récit. Plus de 300 costumes ont été créés pour eux. Aux côtés de ces figurants du quotidien, 120 techniciens et artistes professionnels assureront l’encadrement.
Le curé de la paroisse Notre-Dame d’Alet, le père Hervé Huet, qui a mis l’église à disposition du projet, parle d’une « grande aventure humaine et spirituelle ». Il y voit le reflet des figures qui ont bâti Saint-Malo au fil des siècles — des explorateurs aux missionnaires, des corsaires aux saintes — toutes rassemblées sous les mêmes voûtes illuminées.
Damien Fontaine, l’homme qui dessine avec la lumière
Derrière ce projet, un nom : Damien Fontaine. Ce compositeur et metteur en scène vosgien s’est imposé en une quinzaine d’années comme l’un des maîtres du spectacle multimédia immersif en France. Plus de 12 millions de personnes ont déjà vu ses créations. Entre 2024 et 2025 seuls, plus de 200 000 spectateurs se sont pressés à Paris, Lyon, Mulhouse, Metz, Nancy et Colmar pour ses productions.
À ses côtés pour Terra Aletia, Natacha Gerritsen, comédienne et directrice d’acteurs dont la voix est connue de plusieurs générations — elle a notamment doublé des personnages culte de dessins animés comme les Razmokets ou Digimon. C’est elle qui guide les comédiens professionnels comme les bénévoles de 5 à 85 ans, leur donnant corps et présence dans ce récit monumental.